L’école de la passion créative

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Dreamy, bloggueuse BD, peintre du quotidien

Sophie Durand (e-artsup promotion 2008), alias « Dreamy », 26 ans, est infographiste. Entre Paris et Tokyo, elle tient un blog de bandes dessinées sur lequel elle raconte des histoires du quotidien. Présente à la 8e édition du Festiblog – le festival des blogs BD et du webcomics, , qui se tiendra à la Mairie du 3e arrondissement de Paris les 29 et 30 septembre 2012, elle participera dans ce cadre aux séances de dédicaces. Interview.

 
Comment as-tu commencé à dessiner ?
 
Ben petite je gribouillais déjà beaucoup, je fabriquais des faux magazines, des fausses cartes de jeux… J’ai surtout eu un déclic la première fois que j’ai vu la série manga « Sailor Moon » à la télé ! Je trouvais que c’était beaucoup plus joli que les autres dessins animés, alors j’ai enregistré tous les épisodes et je recopiais les dessins en faisant « pause ». Je crois que j’ai tué mon magnétoscope comme ça. Au début, tous mes persos ressemblaient à « Sailor Moon », et puis avec le temps, j’ai découvert d’autres dessins animés, d’autres styles. Aujourd’hui, je suis plus trop manga, y’en a trop, ça me dépasse complètement. Mais j’ai encore quelques restes. J’imagine que mon style actuel se trouve quelque part entre le style manga et le style occidental.
 
En quoi e-artsup a-t-elle contribué à ta formation de bloggueuse BD ? 
 
En dernière année, j’étais spécialisée en animation et on devait faire un film de fin d’année individuel (http://www.vimeo.com/15653914). Ce qui est difficile car on doit tout faire soi-même, du début à la fin. Mais du coup, on met en pratique tout ce qu’on a appris, que ce soit au niveau de la création et de la réalisation ou pour raconter une histoire. Sur mon blog, c’est ce que je fais : raconter des histoires. En fait, je l’ai ouvert au moment de partir au Japon, et au lieu de faire un blog photo comme tout le monde, j’ai préféré le faire en dessin. Du coup, je me sers de mon quotidien comme inspiration. Le fait que ce soit personnel, je suis libre au niveau du contenu, de la technique, du temps de réalisation… donc c’est plutôt un espace d’exercice et d’expérimentation. Mais le plus important, c’est que je m’amuse !
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Peux-tu présenter ton blog ou ton webcomics ?
 
J’ai commencé mon blog lorsque j’ai décidé de partir au Japon. Du coup, ça commence avec ma demande de visa, mes préparatifs, j’ai pris mes billets, j’ai annulé (Fukushima oblige), ça a traîné un an. Mais malgré ça, je me suis rendue compte que les gens continuaient à me suivre. Finalement j’ai pu partir et aujourd’hui, je raconte mon quotidien à Tokyo sous forme d’épisodes qui se suivent chronologiquement, comme un petit feuilleton !
 
Pourquoi as-tu commencé à publier tes BD en ligne ?
 
A vrai dire, ça faisait des années que l’idée d’ouvrir un blog me trottait dans la tête mais vu la quantité de blogs BD en ligne et le peu de confiance que j’avais en moi, ça fait que j’ai procrastiné à mort (ah non, en bon français il paraît qu’on dit « atermoyer »). Mais là, je me suis dit que j’avais un vrai fil conducteur. Comme tout bon expatrié moderne, je comptais de toute façon ouvrir un blog pour raconter mon voyage, et j’ai donc décidé de le faire de la meilleure façon que je connaissais : en dessinant.
 
Quelles sont tes influences graphiques ?
 
Surtout asiatiques, vu mes origines… J’ai débuté avec les mangas mais j’adore aussi les jeux vidéo. Je suis très sensible au character design qui vise à créer graphiquement les personnages d’un projet d’animation. J’aime donc beaucoup le travail de certains dessinateurs de ce domaine tels que Yoshitaka Amano, Tetsuya Nomura, Hyung-Tae Kim, Yoji Shinkawa… [LIENS]. Avec le temps, je me suis ouverte à d’autres environnements et d’autres styles. De façon aléatoire, j’adore les dessinateurs Mucha, Ashley Wood, l’animateur Arthur de Pins ou le peintre Gil Elvgren…[LIENS]
 
De manière générale, que penses-tu que la BD numérique (à lire sur le web, sur iPhone, sur PSP…) ?
 
Le support numérique c’est une bonne façon de découvrir des nouveaux talents, ça se partage en un clic, ça se lit depuis n’importe où… Par contre, si j’aime vraiment l’artiste, je vais acheter son livre car j’aime bien avoir l’objet dans les mains, et si possible, aller me le faire dédicacer.
  
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