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Le best-of d’Hugo Allart

Tous les mois, e-artsup Paris accueille un acteur du monde du graphisme pour présenter son métier et son travail. Le 20 novembre, l’école accueillait Hugo Allart, directeur de post-production chez Mikros Image.

A l’issue de ses études, Hugo Allart est directement entré chez Mikros Image. Phénomène rare dans le monde de la direction artistique (où la mobilité professionnelle implique que l’on reste rarement dans la même entreprise), il y est toujours en poste. Il y est aujourd’hui directeur de post-production et responsable de DoMove Creative Label, structure de Mikros Image spécialisée dans l’animation d’effets spéciaux.

La post-production dans le processus créatif

La conférence a débuté par une présentation de la chaîne de fonctionnement de la création dans une entreprise de post-production. Dans un monde d’images, les marques font appel à des prestataires pour communiquer. Les équipes créatives vont mettre au point des concepts que les équipes commerciales vont ensuite vendre aux marques. Dans ce processus marchand et artistique, les producteurs vont avoir le rôle d’agents en engageant des moyens financiers pour développer le matériel et le personnel créatifs : réalisateurs, équipes de tournage, chefs opérateurs, comédiens, musiciens… Le travail du post-producteur intervient après ces démarches. Au départ, son métier consistait essentiellement à orchestrer les tâches de montage et d’étalonnage afin de délivrer un travail finalisé. Avec le développement des techniques numériques et des effets spéciaux, le métier s’est étendu à d’autres domaines : compositing (intégration de plusieurs sources d’images pour en faire un plan unique), modélisation 3D… Les compétences requises impliquent une certaine maîtrise de la création graphique et de la retouche d’image, mais également en développement d’outils, en relations clients… De nombreux profils sont recherchés.

Un environnement très concurrentiel

Cette chaîne de fonctionnement, à l’instar de la créativité qui anime les équipes, est très dynamique. Cet élément est crucial, car le marché est très compétitif (pour un nombre fini de clients, il y a beaucoup d’agences créatives, de producteurs et de post-producteurs). Aussi, pour chaque projet, les équipes doivent rivaliser d’inventivité et offrir des tarifs compétitifs. Sous les effets conjoints des pressions financières et de l’évolution technologique (qui entraîne de nouveaux besoins et de nouvelles compétences), de nouvelles structures voient le jour, couplant production et post-production. C’est le cas de WAM, l’organe de production de Publicis, le plus important acteur français du secteur, qui génère un chiffre d’affaires de 99 millions d’euros par an (soit environ 50 % du marché de la post-production en France).

De leur côté, Mikros Image et DoMove génèrent un chiffre d’affaires de 22 millions d’euros par an. Les 180 employés du groupe travaillent sur plus de 400 projets chaque année.

Etude de cas

La conférence s’est ensuite poursuivie sur une présentation et une étude de plusieurs travaux de l’agence dirigés par Hugo Allart. Chaque cas présente des contraintes de délais, de budget, de techniques qu’il faut pallier pour livrer un rendu parfait au client. Parmi les défis à relever, le photoréalisme des personnages en 3D, notamment la représentation du visage humain. Car si, grâce aux progrès de la modélisation numérique, on peut relativement facilement créer un personnage au visage ressemblant à l’être humain, il restera une marge de 5 % pour tendre au photoréalisme. Ces 5 % restants peuvent mobiliser jusqu’à 50 % des efforts des équipes créatives.

Entre autres œuvres présentées, Hugo Allart a montré plusieurs making of, des publicités et des courts métrages. Il est également revenu sur l’aventure et le succès inattendu de Logorama, projet qui, en tant que tel « n’aurait pas dû voir le jour », s’est étalé sur quatre ans et a mobilisé jusqu’à 30 personnes. Mais l’abnégation aura été largement récompensée, le film ayant reçu une multitude de distinctions internationale, avec l’Oscar 2010 du meilleur court-métrage d’animation en guise de consécration.

La conférence s’est conclue sur un débat avec les étudiants venus nombreux assister à cette masterclass.